Divorce papa maman, 2012

Place publique Ernest Gailly, Romans-sur-Isère

 

Dans toute culture, le rituel est présent. Il acte les grandes étapes de la vie, passant de l’enfance à l’adulte. Le rituel marque les codes d’un groupe, d’une communauté́, d’une culture et même d’une espèce. On se reconnait et on se comprend à travers les rituels. Il en existe un majeur en France, celui du mariage religieux. Au 21ème siècle, le divorce est un fait sociétal majeur. Dont l'avocat est un passage obligé pour les parents. Le divorce est traumatisant pour une famille. Mais sans cérémonie, les parents sont isolés, reclus sur eux-mêmes. La famille en est réduite à son minimum : la honte. Les parents déterminent la garde des enfants et se partagent les frais. Aucun rassemblement collectif comme pour le mariage. Se désunir devient un tabou. Le divorce change une vie, celle des parents mais aussi celle des enfants. Les parents ont leur part de responsabilité́ à leur situation mais l’enfant, lui, subit. Et difficile pour ce dernier, d'en discuter avec les proches car cela fait peur. C'est un changement de paradigme où les enfants perdent symboliquement leur famille dans le silence le plus normal. La société́ ne prend pas en compte les enfants de parents divorcés car le mariage ne conçoit pas le divorce. Il s’agit donc ici, d’inventer le rituel du divorce, où les rôles sont inversés. Comment surpasser un traumatisme ? Comment arriver à l’accepter ? L’art peut-il trouver une solution? 

Exprimer publiquement ce qu’il est convenu dans notre culture de contenir : l’intime. Le rituel s’effectue donc sur la place publique. Aucune information n’est transmise auparavant aux parents, concernant les actions du rituel. Le personnage déguisé́ est la réincarnation de mon enfant intérieur. Il s’appelle Zézé́ et s’exprime par le cri. Les parents portent un tissu jaune qui leur bloque les bras. Acte thérapeutique et symbolique, l’enfant se concentre, puis dessine une spirale sur le ventre de ses parents pour se connecter avec leur enfant intérieur. Puis il crie sur ses parents pendant le temps qu’il semble nécessaire à l’évacuation de sa tristesse. Il finit par maquiller le visage de ses parents introduisant un nouveau rapport entre l'enfant et ses parents : le pardon et l’acceptation.          

 
 

©2020 par MAXIME DELHOMME (Zeze). Artiste, Dessinateur, Peintre, Performeur.